HARCELEMENT SCOLAIRE : AIDER SON ENFANT A LE SURMONTER !

 Si le harcèlement scolaire est un phénomène qui ne date pas d’hier, le sujet est longtemps resté tabou. Il a fallu plusieurs drames pour que les langues se délient enfin. 


En 2019, Evaëlle, une jeune collégienne s’est pendue aux barreaux de son lit, après avoir durant plusieurs mois été victime d’agression verbale et physique. Gabriel, 8 ans, s’est donné la mort deux jours après avoir été battu par plusieurs camarades de classe. Raphaël, 9 ans, en juin 2019 a également attenté à ses jours pour la même raison. Chaque année, près de 700 000 enfants sont victimes de harcèlement scolaire et contrairement aux idées reçues, il est loin d’être l’apanage des collégiens ou lycéens. En effet, près d’un élève sur 10 subissent des moqueries, des brimades, des insultes, des violences physiques et ce dès la primaire. 


Reconnaître les signes :

Rares sont les enfants qui vont d’eux-mêmes se confier à leurs parents portés par la peur d’être grondé, par un sentiment de culpabilité, par la crainte de décevoir ou tout simplement de ne pas être pris au sérieux. Pourtant le harcèlement peut causer des séquelles nécessitant le suivi par un psychologue. Réagir dès les premiers signes est donc primordial. C’est pourquoi les parents doivent observer tout changement de comportement chez leur enfant. Par exemple, il peut du jour au lendemain développer une phobie de l’école, rechigner à se lever le matin, demander à changer d’établissement, feindre la maladie ou au contraire présenter des symptômes typiques comme des maux de ventre, une grande fatigue, des troubles du sommeil, de l’anxiété, une perte d’appétit voire un désintérêt total pour les choses de la vie courante.

Des signes physiques comme des ecchymoses, des vêtements déchirés ou tachés doivent également attirer l’attention. Sans oublier le repli social. Un enfant malmené par les autres aura tendance à se renfermer sur lui-même, à appréhender le moment des repas ou la récréation, voire même n’invitera jamais de camarades à la maison pour les révisions ou les anniversaires. Si les fournitures scolaires ou les objets personnels de l’enfant se volatilisent comme par miracle ou qu’il vous sollicite sans arrêt pour l’achat de nouveaux stylos, il est fort probable qu’il soit victime de vol ou de racket. Aussi, il faut noter que des résultats scolaires qui chutent brusquement sont souvent l’une des conséquences du harcèlement.


Accompagner un enfant victime de harcèlement


Si l’écoute et la compassion sont primordiales, aider votre enfant à prendre davantage confiance en soi est une étape nécessaire pour désamorcer une situation de harcèlement. Toutefois, il ne faut pas chercher à s’immiscer dans le conflit en intimidant le harceleur ou en s’adressant à ses parents, cela n’aurait comme conséquence que d’aggraver ce que subit votre enfant. Mieux vaut lui expliquer que même s’il a la profonde impression que rien ni personne ne pourra le sortir de la situation, qu’il y a toujours des solutions et que vous en avez à lui proposer. Ensuite, dites-lui que le plus souvent ce sont les harceleurs qui, justement au fond d’eux, sont les plus faibles et que s’ils s’attaquent aux autres c’est pour camoufler leur médiocrité. L’enfant est victime de remarques désobligeantes sur son physique ? Son bourreau est certainement mal dans sa peau et bourré de complexes ! On le traite de rat de bibliothèque ou d’intello ? Les autres sont tout simplement jaloux de ses capacités intellectuelles. Sans chercher à trouver des excuses aux harceleurs, pointer leurs insuffisances est un moyen de rassurer votre enfant tout en dédramatisant la situation. Enfin, aidez-le à s’affirmer. Faites-lui dresser une liste de domaines dans lequel il est meilleur que la moyenne pour cultiver son amour propre puis enseignez-lui quelques rudiments d’une répartie efficace afin qu’il ait toujours le dernier mot ! 
Même si l’enfant n’est pas harcelé, il est important d’aborder cette thématique avec lui. Un jour ou l’autre tout le monde peut en être victime. Ainsi, si la situation venait à se poser, l’enfant serait peut-être plus enclin à se confier à vous, vous laissant la possibilité d’agir rapidement.

Les réseaux sociaux, une bombe à retardement :

Ces dernières années, les réseaux sociaux et plus généralement le web sont devenus le terrain privilégié des harceleurs qui, derrière un écran, se sentent pousser des ailes. Bien que les élèves de primaire restent encore assez épargnés par le phénomène, chez les collégiens et les lycéens, le cyberharcèlement vient parfois s’ajouter au harcèlement scolaire subi. Téléphone, réseaux sociaux, jeux en ligne, les violences physiques et morales franchissent ainsi la porte de la maison et l’enfant se sent alors pris au piège. 1 collégien sur 4 avoue d’ailleurs, au moins dans sa vie, avoir été victime de cyberharcèlement : chantage, incitation au suicide, menace de mort, publication de données compromettantes, l’enfant tombe rapidement dans un cercle vicieux duquel il lui est difficile de sortir. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à échanger régulièrement avec son enfant sur le sujet. Lui montrer des spots peut aussi s’avérer efficace et le pousser à s’exprimer. En effet, face à une situation de cyberharcèlement, l’enfant peut aussi se réfugier dans le déni. « Non, mais il fait ça pour rigoler, ce n’est pas méchant », « C’est seulement pour « troller », ils ne le pensent pas… Si en tant que parents vous découvrez que votre enfant est victime de cyberharcèlement, vous avez les moyens d’agir. Déjà en lui expliquant que c’est un délit et que l’acte ne restera pas impuni. Ensuite, qu’il ne faut surtout pas répondre à son harceleur et que le silence est l’une des armes les plus efficaces. Enfin, en signalant les publications calomnieuses auprès des hébergeurs pour en demander la suppression en veillant en amont à faire des captures d’écrans pour garder des preuves. 

 

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