FAMILLE NOMBREUSE : GALERE OU VRAI BONHEUR ?

 Ils font souvent la une de l’actualité et la joie des amateurs de téléréalité, les familles nombreuses entretiennent un lot de mythes et de clichés. Des enfants turbulents qui passent leur temps à se chamailler, des parents à bout de nerfs, des frères et sœurs au bord de la rupture, des laissés pour compte qui vivent très difficilement leur situation hors du commun jusqu’à l’arrivée du conseiller familial... Pourtant, en France, les familles nombreuses sont loin d’être marginales. Selon une étude de l’Observatoire des familles, au moins un tiers des enfants grandissent dans une famille nombreuse (selon la définition de l’INSEE : une famille comprenant 3 enfants ou plus) et pour bon nombre d’individus ce mode de vie familial représente un idéal personnel. Mais sont-elles synonymes de galère ou plutôt de vrai bonheur ? La réponse dans cet article.



Familles nombreuses : un quotidien loin d’être de tout repos ?

Indéniablement, organiser sa vie de famille autour de trois enfants ou plus nécessite un sens aigu de la planification puisqu’une journée ne compte que 24 heures. Même avec la meilleure volonté du monde il n’est pas évident d’être partout. Ainsi, les familles nombreuses avouent rencontrer parfois des difficultés à concilier vie professionnelle et vie privée, ne trouvent pas toujours autant de temps libre à consacrer aux enfants qu'elles le voudraient ou encore peinent à assurer le suivi scolaire. Aussi, plus il y a de membres dans un foyer, plus il est pénible de maîtriser le budget familial – bien que cette difficulté ne soit pas l’apanage des familles nombreuses – ce qui influe sur les sorties culturelles, l’organisation des vacances et eprésente parfois un obstacle pour faire garder les plus jeunes. 
Qui plus est, la gestion des conflits entre les enfants pèse également dans le quotidien de ces familles, mais concernant ce point-là, le caractère de chacun y est pour beaucoup. Parfois aussi, elles font face au manque de place dans la maison, ainsi il n’est pas rare que tous ne disposent pas de leur propre chambre à coucher. Si durant l’enfance une telle cohabitation peut se dérouler sans heurts, à la préadolescence ou à l’adolescence, cette promiscuité peut vite devenir source de tensions. 



D'avantage d’interactions sociales :

Est-ce pour autant que l’ensemble de ces difficultés sont un frein pour le bonheur de ces familles ? Eh bien la réponse est non. Bien au contraire. La promiscuité, la nécessité de partager ses jouets, ses vêtements, l’équipement informatique de la maison font naître au sein de ces foyers des valeurs fortes : solidarité, entraide et responsabilité. Souvent, les plus grands ont pour mission de veiller au bien-être des plus petits tout en assistant, avec parcimonie, leurs parents. Ainsi, il n’est pas rare de voir l’aîné assurer l’aide aux devoirs, garder les cadets ou les accompagner à leurs activités périscolaires. Les grands-parents et la famille proche sont également plus souvent enclins à proposer une assistance. Bien évidemment, à chaque famille, son schéma. La qualité de l’entente est due à plusieurs facteurs : le niveau de vie du foyer, la différence d’âge entre les membres de la même fratrie et plus généralement le comportement des parents. Aussi, dans les familles nombreuses, les enfants ont tendance à développer leur autonomie plus rapidement puisqu’ils sont vite livrés à eux-mêmes, ont plus de facilité à créer des liens sociaux et gardent généralement plus de bons souvenirs de leur enfance que ceux qui ont grandi seuls.



Un schéma familial parfois vu d’un mauvais œil :

Si comme pour tout type de composition de foyer, les familles nombreuses ont leur “pour” et leur “contre”, elles restent encore victimes de nombreux préjugés. Plus d’une famille nombreuse sur deux juge que l'image qu’elle véhicule est négative. Elles s’accordent à dire qu’on leur colle bien souvent à tort une étiquette de « profiteurs » et que s’ils ont fait le choix d’un tel mode de vie, c’est pour profiter des aides de l’État. Sans oublier quelques remarques sur leur indifférence quant à l’écologie : plus d’enfants, plus de pollution ! Elles subissent aussi régulièrement des remarques critiques sur la gestion de leur budget, leur capacité à assurer des conditions de vie dignes à l’ensemble de la famille ou à construire une carrière ; ils seraient de piètres travailleurs. Certains doutent même de leurs aptitudes à se tenir en société ou émettent des réserves sur la pertinence de leurs techniques éducatives… Si certains semblent voir d’un bon œil les familles nombreuses, il s’agit, hélas, trop souvent d’un regard condescendant parfois même hypocrite. Selon les témoignages, les parents des familles nombreuses feraient preuve “d’un courage et d’un altruisme à toute épreuve” puisqu’il paraît surhumain de prendre soin d’autant de têtes. On leur reprocherait même de vouloir perpétuer un schéma conservateur et largement passé d’âge. L’opinion d’autrui serait-elle la réelle entrave au bonheur des familles nombreuses ?

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