LA QUESTION : PAPA, COMMENT ON FAIT LES BEBES ?

Si la curiosité est un vilain défaut, chez l’enfant c’est un levier d’apprentissage. En effet, dès les premiers mois de leur existence, ils aiment toucher, observer, regarder les objets et les personnes qui constituent leur environnement. Vers 3 à 4 ans, cette soif de connaissance se manifeste par un éventail de questions et surtout de « pourquoi » auxquels les parents ont la lourde tâche d’apporter des réponses. Puis vient un jour la sempiternelle et redoutée interrogation, néanmoins légitime : « Comment fait-on les bébés ? » Inutile alors de se soustraire à la question sous peine de causer une déception voire pire, une frustration ! Et les pédopsychologues sont formels : inventer une histoire de cigogne, de choux ou toute autre fantaisie ne ferait que retarder une des étapes cruciales de l’apprentissage. Alors, comment aborder cette fameuse question ?


Estimer les connaissances sur le sujet

 Lorsque l’enfant vient à vous avec ce désir d’en savoir plus sur la conception, vous pouvez très bien lui retourner la question en lui demandant : « Qu’est-ce que tu en penses, toi ? » Non seulement c’est un excellent moyen de sonder ses connaissances sur le sujet, mais cela permet aussi, le cas échéant de l’aider à démêler le vrai du faux. En effet, si avant un certain âge il y a peu de risques qu’un enfant aille lui-même chercher des réponses sur internet, ce n’est pas le cas des plus grands qui possèdent, de plus en plus tôt, un accès au web. Selon une étude, près de 34 % des élèves du CM2 auraient un smartphone ou même un ordinateur à portée de main, à la maison. Si en principe l’utilisation des téléphones portables reste proscrite à l’école, le contact entre les élèves des différentes classes ne l’est pas… Il est donc fort probable pour que votre enfant ait eu vent par des camarades ne serait-ce que de bribes de réponses ! En tout cas, il faut garder à l’esprit que ces interrogations sont tout à fait normales, qu’il est inutile de se sentir gêné et surtout, qu’il vaut toujours mieux que l’enfant apprenne de ses parents qu’à travers des bruits de couloirs.



 Adapter sa réponse à l’âge de l’enfant

 S’il n’existe pas de réponse toute faite, la vôtre doit être adaptée à la sensibilité de tout un chacun et en adéquation avec l’âge de l’enfant. Aussi, il faut retenir qu’il y a de grandes chances que vous ayez à aborder cette thématique à plusieurs reprises puisque plus l’enfant grandira, plus il exigera de détails sur le « pourquoi du comment », influencé par son entourage, mais également par une envie intrinsèque de mieux comprendre son origine. Aussi, l’arrivée imminente d’un frère ou d’une sœur peut décupler le besoin de satisfaire sa curiosité.

Jusqu’à 3 ans

 À ces âges-là, l’enfant n’est pas encore en mesure d’assimiler des explications trop poussées néanmoins, vous pouvez lui dire qu’un bébé naît de l’amour d’un père et d’une mère lorsqu’ils se font un câlin. 


À 4-6 ans

Vers 4 à 6 ans, l’enfant est davantage curieux et observateur, peut-être a-t-il déjà dans son entourage vu des femmes avec le ventre rond. Aussi, il a davantage conscience de son corps et de la différence morphologique entre un garçon et une fille. Il est alors temps de lui en dire un peu plus, notamment que le papa plante une graine dans le ventre de la maman et que lorsque celle-ci germe, cela fait un bébé.  

À 7-8 ans

À partir de 7 ans, l’enfant a atteint l’âge de raison, surtout, il y a de grandes chances qu’il ait entendu, que ce soit, à l’école ou à travers les discussions des frères et des sœurs parler des « spermatozoïdes ». Il est donc primordial d’apporter à votre enfant, ne serait-ce que des éléments de réponse. Inutile d’être trop cru ou exhaustif, il aura tout le loisir d’apprendre les détails une fois un peu plus âgé. Néanmoins, vous pouvez lui expliquer que les spermatozoïdes sont les graines que papa plante avec son zizi. Et que la graine de papa qui rejoint le plus vite le ventre de maman va y rencontrer la graine de maman – l’ovule. Les deux graines vont ensuite se mélanger pour créer un petit bébé – fœtus – qui va ensuite grandir dans le ventre de maman pendant 9 mois.

 

Quant aux détails plus techniques, ils sont généralement abordés à la préadolescence, ce qui laisse un peu de temps pour travailler son argumentaire.


0 Comments:

Publier un commentaire